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Saturday, March 25, 2006

LE-PELERINAGE-ENCHANTE

Clifford D. SIMAK

Edition Originale: Enchanted Pilgrimage, 1975
Denoel, Presence du futur, 1977

Extractions

Il me semble parfois que certains exploits sont surtout glorieux rétrospectivement. Une simple boucherie se transforme on ne sait comment en combat chevaleresque, quand on l'évoque.


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Une lance, la pointe fichée dans le sol, se dressait, nette, comme un point d'exclamation ivre.


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La science est philosophie, et rien de plus. Elle consiste à mettre de l'ordre dans l'univers, à essayer de lui trouver un sens. Vous ne pouvez accomplir les choses dont vous parlez avec la seule philosophie, vous utilisez donc la magie.


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Il affirme être un lâche. Mais il y a de grandes vertus dans la lâcheté. La bravoure est une maladie souvent fatale. C'est le genre de qualité qui vous fait tuer.


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En chaque femme se cache une catin qui se réveille au contact d'une main - celle de l'homme qui lui plaît.


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Je ne suis pas de cette planête et mes valeurs ne sont pas entièrement pareilles aux vôtres. Si même elles coïncidaient, je n'aurais pas la présomption de vous juger, car je connais depuis une éternité la grande diversité des esprits.


READ DURING WEEK 11/06

Tuesday, January 17, 2006

TOUS-LES-PIEGES-DE-LA-TERRE

Clifford D. SIMAK

Edition originale: All The Traps of Earth And Others Stories, 1962
Denoel, Présence du Futur, 1963

Extraits

Il repoussa son siège, s’éloigna du bureau et traversa à pas lents le salon où s’entassaient les possessions anciennes de la famille. Là, au-dessus de la cheminée, l’épée que Jonathan l’Ancien avait portée au cours de la guerre entre les Etats. Au-dessous, sous la tablette, la coupe remportée par le capitaine de marine marchande et son vaillant vaisseau, le vase de poussière lunaire rapporté par Tony lors du cinquième débarquement de l’Homme sur la Lune, et la vieille horloge de bord, seul vestige de l’antique fusée familiale qui faisait la navette entre les astres, fusée depuis longtemps à la ferraille. Enfin, faisant le tour de la pièce, se touchant presque, les portraits de famille, les vieux visages disparus qui continuaient à contempler l’univers qu’ils avaient contribué à bâtir. Pas un seul qu’il n’ait connu, se dit Richard Daniel tout en les passant en revue, au cours des six derniers siècles du moins.

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Qu’était-il en définitive ? Encore un robot ou déjà quelque chose d’autre ? Une machine était-elle susceptible d’évoluer, comme un Homme ? Qu’était-il donc ? Pas un homme, bien sûr, il ne le serait jamais. Mais n’était-il encore qu’une machine ?

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C’est peut-être nous qui avons tort, conclut-il. La vie n’a peut-être pas la valeur que nous lui accordons. Peut-être ne vaut-elle pas la peine qu’on s’y accroche avec tant de frénésie… Ou qu’on se batte pour la conserver. En se laissant mourir, ces Créatures sont peut-être plus près de la vérité que nous.


READ DURING WEEK 01/06


A-PIED-A-CHEVAL-ET-EN-FUSEE

Clifford D. SIMAK

Edition originale: Destiny Doll, 1971
Denoel, Présence du Futur,
1974

Extraits

C’est un voyage, me dis-je, que je n’aurais jamais dû entreprendre. J’en avais toujours été persuadé. Je n’y avais jamais cru, depuis le départ. Et pour entreprendre quelque chose, Il faut y croire. Il Faut toujours avoir une raison de le faire.

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Une légende. Façonnée au cours des années par des menteurs accomplis, mais sans malveillance. On prend un fait insignifiant que l’on déforme et que l’on entremêle à d’autres faits insignifiants, jusqu’à ce que tous ces petits faits, arbitrairement reliés entre eux, forment un ensemble si embrouillé qu’il n’y a plus le moindre espoir de distinguer ce qui est solide réalité de ce qui n’est que pure fiction.

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Voilà l’ennui avec les femmes. Aucune logique. Elle me dit que cet imbécile de Smith est arrivé là où il voulait arrivé. Mais quand je dis la même chose, elle n’est plus d’accord.

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« Comment se fait-il qu’il vous soit si difficile d’admettre quelque chose que vous ne pouvez ni voir ni toucher ? Pourquoi voulez-vous à tout prix que tous les mystères aient une solution ? Pourquoi ne pouvez-vous parler qu’en termes de lois physiques ? N’y a-t-il donc pas de place dans vos esprits étroits pour quelque chose d’autre ? »

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C’est tout de même un monde, pensai-je, qu’un homme ne réfléchisse à la meilleure façon de faire une chose qu’après l’avoir faite.

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Peut-être était-elle plus sensible que moi, peut-être avait-elle vu des choses que je n’avais pas vues, ou interprété différemment certaines impressions que nous avions ressenties l’un et l’autre. Impossible, je m’en rendais compte, de savoir ou de comprendre, ou même de deviner comment fonctionnait l’esprit de quelqu’un, quelles sensations il pouvait enregistrer, comment elles prenaient forme et comment elles étaient interprétées, ou quel effet elles pouvaient avoir sur l’intellect et les sens dudit cerveau.

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Pourquoi serait-ce différent de la vie que nous vivons en ce moment ? Comment savons-nous que ce n’est pas le même genre de vie que nous vivions en ce moment ? Comment pouvez-vous juger de la réalité ?

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Il me regarda pendant un long moment, comme s’il se demandait s’il devait m’en dire plus, puis il posa une question : « Que savez-vous, capitaine ,de la réalité ? »
Je haussai les épaules. C’était une question idiote.


READ DURING WEEK 52/05


PROJET-VATICAN-XVII

Clifford D. SIMAK

Edition originale: Project Pope, 1981
Editions J’ai Lu, 1982

Extraits

Si l’on se place sur le plan du réalisme, il n’y a aucune raison de croire que, dans l’état actuel de la technologie, un mécanisme pensant artificiel doive par nécessité être intellectuellement inférieur au cerveau humain.

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Vatican XVII, ce Vatican, a été construit il y a près d’un millénaire par un groupe de robots venus de la Terre. Sur Terre, ils ne pouvaient pratiquer aucune religion. L’accès au culte leur serait interdit. Je crois savoir qu’il en va différemment dans certains endroits, aujourd’hui. Les robots peuvent recevoir les sacrements.

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Un de nos Ecoutants, avec qui nous travaillons depuis plusieurs années, voyage dans le passé. Et pas au petit bonheur : il remonte sa lignée ancestrale,. Pourquoi se déplace-t-il dans cette direction ? Personne ne le sait, ni nous ni lui. On le découvrira peut-être un jour. Il s’enfonce toujours plus loin dans le passé, il plonge dans la nuit des millénaires à la recherche, semble-t-il, de la chaîne de créatures dont il est issu. L’autre jour, il était un trilobite.

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- Oui, et voilà sans doute pourquoi les robots pensent peut-être que nous sommes encore chrétiens. Au fond du cœur. Ce qui n’est d’ailleurs pas forcément une tare.
- Bien sûr que non, Jason. Mais en quittant la Terre, l’humanité a perdu beaucoup de choses. Ou en a jeté beaucoup par-dessus bord. Bien des hommes ne savent plus ce qu’ils sont exactement.

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Je crois pour ma part que la foi est indissociablement liée à la connaissance, à un savoir spécifique, peut-être, mais que pour l’acquérir, pour obtenir cette réponse unique, il faut en recueillir des quantités d’autres.

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- Se prendre pour Dieu n’est pas une idée nouvelle. L’exemple le plus flagrant est la race qu’Ernie a découverte, il y a quelques années. Vous vous souvenez ?
- Celle qui crée des mondes qu’elle peuple d’êtres issus de son imagination ?
- Exactement mais ce sont des mondes biologiques. Il ne s’agit pas d’une poignée de bout de bois et d’un peu de boue, le tout assorti de quelques abracadabras. Ils sont bien conçus avec tous les ingrédients nécessaires à la création d’une planète. Ce n’est pas du toc. Les composants indispensables sont là, agencés comme il convient. Et les créatures qu’on y a mises sont dans le droit fil de la logique, elles aussi. Certaines sont d’invraisemblables aberrations biologiques mais ça fonctionne.

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- Vous autres, humains, êtes capables et d’aimer et de haïr. Je m’éprouve, quant à moi, ni amour ni haine. Je crois que c’est un point en notre faveur. Vous avez vos rêves et j’ai les miens mais mes rêves ne sauraient recouper les vôtres. Vous avez les arts, la musique, la peinture, la littérature. Si je m’incline devant le fait qu’ils existent et reconnais leurs fonctions et les joies qu’ils procurent, ils me laissent insensibles.
- Peut-être que la foi, elle aussi est un art, Votre Sainteté, répliqua Jill.

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Au cours des millénaires, le Centre avait recensé des centaines, peut-être de milliers de cultes différents. En dépit des difficultés que représentait cette étude, ils avaient systématiquement et méthodiquement examinés, testés et tous sans exception avaient été jugés ineptes. On ne s’était d’ailleurs pas borné à en déduire que tous les dieux étaient de faux dieux. On était allé plus loin : on était arrivé à la conclusion que, débiles ou puissants, vrais ou faux, il n’y avait pas de dieux. En définitive, ces systèmes n’étaient rien de plus que des chimères complaisamment inventées et exaltées par des êtres veules aspirant à se protéger des dures réalités de l’existence, à nier cette évidence accablante : personne ne se souciait de l’univers.



READ DURING WEEK 48-49/05


Sunday, August 28, 2005

INGENIEURS-DU-COSMOS

Clifford D. Simak

Edition originale: Cosmic Engineers, 1950
Editions Albin Michel, 1975


Extrait

« - Nous devrions peut-être partir maintenant, suggéra l’Ingénieur. Les autres nous attendent. Ils sont venus de si loin, beaucoup même de plus loin que vous.

- Combien sont-ils ? demanda Gary.

- Très peu, répondit l’Ingénieur. Si peu. La vie est si difficile à trouver dans l’univers. L’univers ne se soucie pas de la vie. Je pense souvent que la vie est simplement une étrange maladie qui ne devrait pas être la du tout, une disposition accidentelle de la matière qui n’a pas le droit d’exister. L’univers lui est si hostile qu’elle semble presque anormale. »


READ DURING WEEK 34/05